L'anxiété entrepreneuriale : entre paralysie et force cachée
- il y a 22 heures
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Il était une fois un entrepreneur qui se levait chaque matin avec quelque chose de lourd sur les épaules. Même pas encore les yeux ouverts, son cerveau était déjà en train de s'emballer : « Et si j'ai pas de clients ce mois-ci ? Et si quelqu'un dit que je suis pas à la hauteur ? Et si tout fout le camp ? »
Le perfectionnisme, ce piège... ce poison !
Cet entrepreneur avait un don : il voyait des détails que les autres ne remarquaient même pas. Quand il préparait une présentation, il anticipait toutes les questions, retravaillait chaque diapo, vérifiait chaque chiffre trois fois. Sauf que ce don, c'était aussi son poison. Les heures devenaient des jours, les jours des semaines. L'anxiété le paralysait, tranquillement mais sûrement.
Des forces cachées, mais bien là !
Puis un soir, après une autre nuit blanche à tourner en rond et après plusieurs thérapies (vraiment!), il a eu une révélation. En regardant sa longue liste d'inquiétudes, il a réalisé quelque chose : chaque source d'anxiété pointait vers une valeur profonde qui le définissait.
Son stress face aux décisions d'affaires ? C'était parce qu'il tenait vraiment à ses employés et qu'il savait que ses choix les touchaient.
Son obsession pour les détails ? C'était son engagement envers l'excellence, pas autre chose.
Sa tendance à tout planifier ? C'était une capacité stratégique hors du commun, pas de la paranoïa.
Le changement
Il a compris que l'anxiété ne partirait jamais complètement (et qu'elle ne devait pas partir!). Elle faisait partie de lui, mais sans le définir ("Je ne suis pas que mon anxiété !". La vraie question, c'était pas de l'éliminer, mais de la canaliser. Alors il s'est mis des règles :
Pour le perfectionnisme, il a adopté le 80/20 : quand un projet atteignait 80 % de ce qu'il voulait, il le lançait. Pas parce qu'il baissait la barre, mais parce qu'il avait compris qu'un projet imparfait qui avance, ça vaut mille fois mieux qu'un projet parfait qui reste dans le tiroir.
Pour la surplanification, il s'est donné des limites de temps : trois jours pour une grosse décision, trois heures pour une décision moyenne, trente minutes pour les petits choix du quotidien. Passé ce délai, il tranchait. Parce que ne rien décider, c'est aussi décider et c'est souvent la pire des options.
Pour son souci des autres, il a appris à faire la différence entre être responsable et se sentir coupable de tout. Il pouvait pas contrôler tous les résultats, mais il pouvait s'assurer que chaque décision était prise avec honnêteté et bienveillance. Le reste, c'est l'incertitude normale de l'entrepreneuriat.
Le super pouvoir
Avec le temps, il a réalisé que son anxiété, quand elle est bien encadrée, devenait vraiment son super pouvoir. Pendant que d'autres foncaient tête baissée, lui voyait les angles morts. Pendant que certains ignoraient l'impact humain de leurs décisions, lui créait une culture où les gens se sentaient écoutés et valorisés. Pendant que d'autres improvisaient, lui anticipait les crises et saisissait des opportunités que personne d'autre ne voyait venir.
Son anxiété, c'était plus une honte à cacher. C'était un radar ultra-sensible, émotionnel et stratégique, qui captait des signaux que les autres manquaient.
Un équilibre fragile, mais réel
Cet entrepreneur, c'est moi, Éric Lamirande. Mon histoire n'a pas une fin parfaite de conte de fées. Il y a encore des matins où l'anxiété prend encore le dessus. Mais maintenant, je sais ce que c'est et ce que c'est pas.
Quand elle frappe à ma porte, je l'accueille, je l'écoute, et je la remercie pour ce qu'elle essaie de me dire. Parce que j'ai compris qu'elle fait partie de qui je suis comme entrepreneur — et que ça me rend unique, et surtout… humain.
Envie d'en jaser ? Tu peux me contacter directement à eric@ericlamirande.ca
Eric Lamirande

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